Chronologie

Publié le 07.03.2018
Les grandes dates de la vie de Claude Debussy

1862 (22 août). Naissance à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), 38 rue au Pain, d’Achille-Claude Debussy, premier enfant de Victorine Manoury et de Manuel-Achille Debussy, marchands faïenciers. Quatre autres enfants suivront.
1867. La famille Debussy s’installe à Paris, rue de Vintimille (9è arrondissement). Manuel devient voyageur de commerce.
1871. Manuel Debussy est condamné à quatre ans de privation de droits civiques pour sa participation à la Commune de Paris.
1872. Le jeune Debussy, qui a déjà travaillé le piano avec Madame Mauté de Fleurville, belle-mère de Paul Verlaine, est admis au Conservatoire de Paris dans les classes de Marmontel et Lavignac.
1877. Il obtient un deuxième prix de piano et entre dans la classe d'harmonie d'Émile Durand.
1878. Échec au concours de piano où Achille-Claude Debussy n'obtient aucune récompense.

1879. Il est engagé comme pianiste de Mme Wilson-Pelouze, maîtresse du Président de la République Jules Grévy. Il réside au Château de Chenonceau.
1880-1881. Il est engagé par Madame von Meck, l’amie de Tchaïkovski. Il la suit dans ses pérégrinations européennes. Trio pour piano, violon et violoncelle (édité seulement en 1986), Symphonie (inachevée). Il compose ses premières mélodies, sur des poèmes d’Alfred de Musset, Théodore de Banville, Leconte de Lisle, Théophile Gauthier, Charles Cros, etc.

1882. Accompagnateur du cours de chant de Marie Moreau-Sainti, de l’Opéra. Il y rencontre Marie-Blanche Vasnier, jeune femme mariée, qui sera sa première maîtresse. Intermezzo pour orchestre, mélodies.

1883. Termine la Première Suite d’orchestre. Il obtient un second prix de Rome pour sa cantate Le Gladiateur.

1884. Il obtient le premier prix de Rome pour L’Enfant prodigue.
1885-1887. Son séjour à Rome, à la Villa Médicis, est interrompu par deux « fugues » à Paris où il revoit Madame Vasnier. Compose ses « envois de Rome », Zuleima et Diane au bois (inachevé). Débute la composition des Ariettes oubliées sur des poèmes de Paul Verlaine. Printemps, suite pour orchestre, piano et chœur.
1888. Se rend à Bayreuth aux frais de son ami Dupin. La Damoiselle élue, « Poème lyrique » sur un poème de Dante Gabriel Rossetti.
1889. Intègre la Société Nationale de Musique. Deuxième séjour à Bayreuth. Il est alors proche des milieux symbolistes. Petite Suite pour piano à quatre mains. Divers projets dramatiques en lien avec la poésie symboliste, tous inaboutis. Liaison avec Gabrielle Dupont dite Gaby, une jeune modiste normande.
1890. Achève sa Fantaisie pour piano et orchestre, dont il interdit l’exécution partielle. Publie plusieurs pièces pour piano composées au cours des années précédentes, et les Cinq Poèmes de Charles Baudelaire. Suite bergamasque pour piano. Commence la composition de son opéra Rodrigue et Chimène, sur un livret de Catulle Mendès, resté inachevé, complété par Edison Denisov et créé à l’Opéra de Lyon en 1993.
1891. Deux Arabesques pour piano. Trois mélodies sur des poèmes de Verlaine. Diverses nouvelles mélodies. Forme avec Stéphane Mallarmé le projet d’une illustration musicale du poème L’Après-midi d’un faune.
1892. Esquisse les Trois scènes au crépuscule qui deviendront les Trois Nocturnes. Fêtes galantes (1ère série), sur des poèmes de Verlaine. Se lie avec le compositeur Ernest Chausson.

Debussy assiste en 1893 à une représentation de Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck et commence aussitôt la composition de son drame lyrique.

1893. Compose les Proses lyriques, sur ses propres textes d’inspiration symboliste. Assiste à une représentation de Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck (17 mai). Il commence aussitôt la composition de son drame lyrique. Achève son Quatuor à cordes en sol mineur, créé le 29 décembre salle Pleyel par le Quatuor Ysaÿe. Il s’installe avec Gaby rue Gustave Doré (17è arrondissement de Paris).
1894. Projet de mariage avec Thérèse Roger, alors que sa liaison avec Gabrielle Dupont n’est pas terminée : scandale mondain. Le projet de mariage échoue. Compose Trois Images pour piano dont l'une d'entre elles sera plus tard modifiée et intégrée à Pour le piano. 22 décembre : création du Prélude à l’Après-midi d’un faune à la Société Nationale, salle d’Harcourt à Paris, sous la direction de Gustave Doret.
1895. Imagine de composer ses futurs Nocturnes pour violon et orchestre. Achèvement de la partition, non encore orchestrée, de Pelléas et Mélisande.

1896. Année de crise. Aucun des projets scéniques (Daphnis et Chloé, Cendrelune, La Saulaie) n’aboutit.
1897. Tentative de suicide de Gabrielle Dupont, consécutive à ses infidélités. Compose les trois Chansons de Bilitis.
1898. L’Opéra-Comique accepte Pelléas et Mélisande. Deux chansons de Charles d’Orléans pour chœur. Rupture avec Gabrielle.
1899. Épouse Rosalie Texier, dite Lilly, mannequin dans une maison de mode. Le couple s’installe rue Cardinet (17è arrondissement de Paris). Achèvement de la version définitive de Nocturnes, triptyque symphonique pour orchestre et chœur (Nuages, Fêtes, Sirènes).
1900. Mort de son éditeur Georges Hartmann, auprès duquel il était endetté. Difficultés avec les héritiers. Création de deux des Nocturnes (Nuages, Fêtes) aux Concerts Lamoureux.
1901. Présentation d’un spectacle autour des Chansons de Bilitis de son ami Pierre Louÿs. La musique sera ultérieurement arrangée pour piano à quatre mains, sous le titre d’Epigraphes antiques. Lindaraja, pour deux pianos. Devient critique musical pour la Revue blanche. Invente à cette occasion le personnage de Monsieur Croche pour signer ses articles.
1902. Ricardo Viñès crée Pour le piano. Création, assez chahutée, de Pelléas et Mélisande à l’Opéra-Comique, sous la direction d’André Messager et dans une mise en scène d’Albert Carré (30 avril). Debussy envisage un opéra sur le conte d’Edgar Poe, Le Diable dans le beffroi.
1903. Fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Compose la Rapsodie pour saxophone et commence La Mer. Rencontre Emma Bardac, ancienne amie de Gabriel Fauré.
1904. Création des trois Estampes (Pagodes, La soirée dans Grenade, Jardins sous la pluie) par Ricardo Viñès Salle Erard, à Paris. Année fertile en compositions nouvelles (L’Isle joyeuse et Masques pour piano, Danses pour harpe et orchestre à cordes, Fêtes galantes (2ème série), Trois Chansons de France, sur des poèmes de Charles d’Orléans et Tristan l’Hermite. Rupture avec son épouse qu’il quitte pour Emma Bardac. Lilly tente de se suicider.

« La Grande Vague de Kanagawa » de Katsushika Hokusai - illustration de "La Mer" © BnF

1905. Divorce avec Lilly. Création de La Mer aux Concerts Lamoureux, sous la direction de Camille Chevillard (15 octobre). Publication des Images pour piano. Naissance de Claude-Emma (« Chouchou »), la fille qu’il a eue d’Emma (30 octobre).
1906. Ricardo Viñès crée les Images pour piano (1ère série) : Reflets dans l’eau, Hommage à Rameau, Mouvement. Projet d’un drame bouddhiste avec Victor Segalen, Siddharta.
1907. Création de Pelléas et Mélisande à Bruxelles. Projet d’un Orphée (avec Segalen) et d’un Tristan (avec Gabriel Mourey). Création de Pelléas et Mélisande à Francfort.
1908. Épouse Emma Bardac (30 janvier). Ricardo Viñès crée les Images pour piano (2ème série) : Cloches à travers les feuilles, Et la lune descend sur le temple qui fut, Poissons d’or. Orchestration de la Marche écossaise, composée en 1891. Création de Pelléas et Mélisande à Milan (La Scala) sous la direction de Toscanini. Signe un contrat avec le Metropolitan Opera de New York pour trois opéras (La Chute de la Maison Usher, Le Diable dans le beffroi et La légende de Tristan). Aucun n’est mené à terme. Création de Children’s corner par le pianiste Harold Bauer.
1909. Création de Pelléas et Mélisande à Londres (Covent Garden). Travaille à La Chute de la Maison Usher. Composition des premiers Préludes pour piano (le premier livre de douze Préludes sera achevé début 1910) et des Images pour orchestre.
1910. Création d’Iberia (Images pour orchestre n°2) sous la direction de Gabriel Pierné, puis de Rondes de printemps (Images pour orchestre n°3). Compose la Rapsodie pour clarinette. Exécute quelques Préludes pour piano en concert. Publication chez Durand du Premier Livre des Préludes pour piano. Commence à composer les Préludes du second livre. La danseuse américaine Maud Allan lui commande le ballet Khamma. Première rencontre avec Igor Stravinsky. Mort de son père Manuel Debussy (28 octobre). Gabriele D’Annunzio et Ida Rubinstein lui proposent de composer la musique de scène de son drame chrétien Le Martyre de Saint Sébastien.
1911. Création à Paris du Promenoir des deux amants, sur des poèmes de Tristan l’Hermite et des Trois Ballades de François Villon. Création du Martyre de Saint Sébastien au Théâtre du Châtelet.
1912. Début de la composition de Jeux, commande des Ballets russes, qui présentent aussi une version chorégraphiée de L’Après-midi d’un faune, avec Nijinski. 100ème représentation de Pelléas et Mélisande à l’Opéra-Comique.
1913. Création de la version orchestrale de Gigues (Images pour orchestre n°1). Audition en concert de plusieurs des Préludes pour piano du 2è livre, composés depuis 1910. Publication du Deuxième Livre des Préludes pour piano. Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé. Voyage en Russie. Compose La Boîte à joujoux et Syrinx.
1914. Dirige ses œuvres à La Haye et Amsterdam, puis se produit à Londres. Épigraphes antiques, Berceuse héroïque pour piano.
1915. Son éditeur Jacques Durand lui propose de superviser une édition des œuvres de Chopin. Mort de sa mère Victorine Debussy (23 mars). Compose les Douze Etudes pour piano et En blanc et noir, pour deux pianos.  Envisage le projet de six Sonates pour divers instruments et compose les deux premières, pour violoncelle et piano, et pour flûte, alto et harpe. Très affecté par la guerre, farouchement anti-allemand, il compose le Noël des enfants qui n’ont plus de maison. Opération du ventre liée à son cancer de l’intestin.
1916. Subit un traitement au radium. Travaille toujours à La Chute de la Maison Usher. Ébauche une Ode à la France.
1917. Achève la Sonate pour violon et piano qu’il crée le 5 mai avec Gaston Poulet. Dernière apparition publique en septembre à Saint-Jean-de-Luz.
1918. Très affecté par les bombardements allemands sur Paris. Affaibli, souffrant de plus en plus de son cancer du tube digestif, alité, il présente cependant sa candidature à l’Institut. Il meurt à Paris le 25 mars à son domicile de l’Avenue du Bois, aujourd’hui Avenue Foch. Il est enterré le 28 au cimetière de Passy.